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Réussite scolaire  – Accorder une plus grande attention à l’inattention

Date de publication : Durée estimée de lecture : 3 min

Une récente étude réalisée à l’Université de Montréal et financée en partie par le CRSH révèle que l’inattention constitue un facteur plus important que l’hyperactivité quand il est question de prédire la réussite scolaire. En effet, seuls 29 p. 100 des enfants qui présentaient des symptômes d’inattention durant le primaire ont terminé leurs études secondaires, alors que ce pourcentage atteint 89 p. 100 lorsqu’il s’agit d’enfants qui n’en présentaient pas. Cette différence est restée significative même en tenant compte de l’hyperactivité et d’autres variables psychosociales, comme l’éducation des parents ou l’anxiété.

Contrairement aux enfants hyperactifs, qui ne tiennent pas en place, les enfants aux prises avec des problèmes d’attention ne perturbent pas la classe et, de ce fait, sont souvent oubliés. « Il est clair que nous devons accorder une plus grande attention à l’inattention », poursuit Jean-Baptiste Pingault, chercheur et auteur principal de l’étude, qui reconnaît qu’une intervention de prévention s’avère souhaitable dès l’école primaire. Diverses activités peuvent aider ces enfants à améliorer leurs aptitudes à se concentrer. Certaines sont simples, comme marcher sur une ligne ou employer des symboles (par exemple, une oreille indiquant qu’il faut écouter); d’autres sont plus élaborées, comme l’apprentissage des arts martiaux traditionnels ou de la musique. Cette question fait l’objet de nombreuses recherches en ce moment.

Quelque 2 000 enfants québécois, sélectionnés de façon à former un échantillonnage représentatif, ont participé à cette étude, qui s’est échelonnée sur une période de près de 20 ans. « Les problèmes d’attention ont été évalués par les enseignants, qui sont capables de repérer les enfants inattentifs », souligne M. Pingault. Au cours de la première étape, ils ont évalué les enfants une fois avant leur entrée au primaire, puis à chacune des six années du primaire. La seconde étape a permis de retracer les participants alors qu’ils atteignaient l’âge adulte afin de vérifier leur niveau de scolarité.

Cette étude arrive à point nommé dans le débat qui entoure le trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité (TDAH). Les experts en santé mentale se demandent maintenant s’il ne faudrait pas créer un TDA indépendant de l’hyperactivité ou un sous-type de TDAH avec hyperactivité limitée dans la prochaine édition du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, un ouvrage qui sert de référence aux cliniciens. « Différencier un type d’inattention indépendant de l’hyperactivité pourrait aider à concervoir des interventions plus ciblées », conclut le chercheur.

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