Recrutement universitaire
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Pour une meilleure intégration des étudiants internationaux
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Conseil de recherches en sciences humaines
En 2012 seulement, selon Statistique Canada, près de 105 000 étudiants internationaux sont venus poursuivre leurs études universitaires au Canada. Leur proportion, qui ne cesse de s’accroître, dépasse maintenant 8 p. 100 de l’effectif universitaire canadien. Dans les provinces de l’Atlantique, le nombre d’étudiants étrangers a triplé de 2002 à 2012 d’après les données de l'Association des universités de l'Atlantique. Leur apport à la vie économique canadienne est évident, en particulier lorsqu’il est question de l’économie du savoir. Encore faudrait-il favoriser davantage leur intégration à la vie économique.
« La situation s’est améliorée, mais il reste du chemin à parcourir », conclut Chedly Belkhodja, professeur du Département de science politique de l’Université de Moncton. Ce chercheur s’est intéressé à la gestion de la diversité ethnique et culturelle dans quatre universités installées en territoire francophone : Sudbury, Saint-Boniface, Sherbrooke et Moncton.
À l’Université de Moncton, par exemple, les 712 étudiants internationaux représentent 15 p. 100 des inscrits, ce qui est le plus haut taux au Canada. L’Université a mis en place une gamme de services qui vont de l’accueil à l’aéroport aux activités d’intégration sur le campus, en passant par le mentorat et le jumelage d’étudiants. « Il faut toutefois encourager davantage les échanges et les rencontres entre les étudiants d’ici et ceux d’ailleurs », souligne M. Belkhodja.
Le recrutement se raffine également. « À Moncton, 17 anciens étudiants internationaux provenant d’autant de pays assurent la promotion des études à l’Université, précise le politicologue. Ces recruteurs connaissent à la fois le contexte canadien et celui de leur pays. Ils sont à même de donner l’heure juste aux candidats. »
De plus, l’effort visant à mieux intégrer les étudiants internationaux déborde de l’enceinte universitaire. « Les universités s’intéressent maintenant à la rétention de ces étudiants, à ce qui se passe après les études et à leur intégration au marché du travail, ajoute Chedly Belkhodja. Cette rétention passe entre autres par l’obtention de permis de travail pendant et après les études. »
En somme, l’université est un laboratoire de la diversité dont il faut s’inspirer, estime le chercheur. « Cependant, conclut-il, il faudra approfondir cette démarche pour que tous les intéressés, à l’intérieur comme à l’extérieur de l’université, comprennent pleinement la valeur ajoutée qu’apportent les étudiants internationaux et les diplômés aux collectivités qui les accueillent. » Aujourd’hui, plus de 265 000 étudiants internationaux résident au pays après être passés par des statuts temporaires.
Recherche financée par le CRSH : L'Université, l'intégration des étudiants internationaux et les politiques de l'immigration : études de cas dans quatre universités dans des milieux francophones