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Pour un approvisionnement durable  – Une chercheure s’intéresse au système de gestion des produits de la mer en émergence au Canada

Date de publication : | Date de modification : Durée estimée de lecture : 3 min

Lorsque Loblaws, le plus gros détaillant canadien de produits de la mer, s’est publiquement engagé en 2009 à s’approvisionner exclusivement auprès de sources durables, l’industrie au complet a réagi en adoptant, elle aussi, de nouvelles stratégies en matière de développement durable. Dès l’annonce de la nouvelle, Dominique Schmidt, étudiante de l’University of Guelph, s’est intéressée de près à la manière dont les entreprises du secteur privé peuvent influencer la façon de faire de l’industrie.

Dans le cadre de sa recherche de maîtrise, Mme Schmidt a étudié, avec l’aide de Ben Bradshaw, professeur de géographie de la même université, le système de gestion des produits de la mer en émergence au Canada – un système dans lequel les organisations non gouvernementales s’associent aux détaillants afin d’offrir aux consommateurs des produits de la mer durables. De concert avec les détaillants, elle a examiné comment ces derniers s’y prennent pour mettre en œuvre des pratiques durables et communiquer leurs normes à leurs clients.

Les résultats de sa recherche ont ouvert la porte à un débat plus large. « Mes travaux ont servi de plateforme à une discussion qui, autrement, n’aurait pas eu lieu, précise-t-elle. Les compagnies avec lesquelles j’ai collaboré sont en train de revoir leurs stratégies en matière de durabilité en s’inspirant du travail que nous avons fait ensemble. Le dialogue que nous avons amorcé et poursuivi a permis d’établir et de renforcer des normes rigoureuses de durabilité en ce qui concerne l’approvisionnement en produits de la mer. »

La démarche audacieuse de Loblaws a eu un effet immédiat sur les détaillants, ce qui a forcément amené les producteurs à changer leurs pratiques et leurs normes. Le gouvernement s’est aussi engagé à développer un système de certification des pêches plus polyvalent. « L’approche séquentielle classique (en cascade) utilisée par le gouvernement pour gérer les pêches au Canada a maintenant fait place à une approche qui permet à d’importants détaillants et producteurs ainsi qu’à des représentants d’organismes de certification et du gouvernement de se retrouver autour d’une même table pour discuter », souligne-t-elle.

Il reste toutefois encore des obstacles à franchir. La forte demande de produits populaires comme le saumon et les crevettes complique l’application à long terme de pratiques d’approvisionnement durable, une situation qu’aggrave l’existence de normes et de certifications concurrentes en matière de durabilité − et parfois même contradictoires −, dont différents organismes font la promotion. « En l’absence de normes, il est facile pour les détaillants de réduire leur engagement en matière de développement durable si un tel engagement va à l’encontre de leurs intérêts concurrentiels ou stratégiques, constate la chercheure. De plus, le message différent que véhiculent diverses chaînes d’alimentation laisse les consommateurs perplexes. »

Dominique Schmidt espère que les résultats de sa recherche inciteront au changement. « Je m’intéresse aux formes alternatives de gouvernance issues des secteurs privé et public ainsi qu’à leur potentiel comme levier favorisant une responsabilisation environnementale accrue en ce qui concerne les systèmes alimentaires, explique-t-elle. Le secteur commercial canadien des produits de la mer est, à ce chapitre, un excellent exemple. Il est rare de voir un engagement volontaire aussi large en matière de durabilité de la part d’un tel secteur. »


Recherche financée par le CRSH : Toward fisheries governance : Assessing consumer responses to sustainable seafood retail in Canada

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