Sélection de la langue

Recherche


La recherche de solutions à un esclavage moderne  – Une chercheure financée par le CRSH veut aider les villes du nord de l’Ontario

Date de publication : Durée estimée de lecture : 3 min

On l’appelle l’esclavage moderne, et c’est un fléau qui continue de sévir partout dans le monde, y compris au Canada. Il s’agit de la traite de personnes en vue du commerce illicite du sexe – l’enlèvement ou le recrutement trompeur et le déplacement de personnes à des fins de prostitution. Et bien que la plupart des Canadiens croient que le problème est propre aux grandes villes, il arrive qu’on l’observe dans des endroits inattendus, comme dans les étendues sauvages du nord-est de l’Ontario.

Une professeure de la Nipissing University, à North Bay, dirige une étude visant à trouver des stratégies qui permettront aux collectivités de cette région de mettre fin à la traite de personnes à des fins sexuelles et aussi de la prévenir. Grâce à une subvention de développement de partenariat de 195 000 $ du CRSH, Rosemary Nagy s’associe à des organismes communautaires qui soupçonnent l’existence de cas de traite de personnes à des fins sexuelles, mais qui n’ont pas les outils nécessaires pour intervenir concrètement. Ensemble, ils cherchent à aider les collectivités éloignées à repérer ces cas et à intervenir de façon efficace.

Rosemary Nagy est professeure agrégée au département de l’égalité entre les sexes et de la justice sociale de la Nipissing University. Elle a axé ses recherches sur les droits de la personne, en particulier sur les violations graves et sur les facteurs qui les favorisent, comme les inégalités entre les sexes et l’oppression sociale. Elle se penchait sur les pensionnats autochtones quand elle a appris l’existence du problème de la traite de personnes à des fins sexuelles à North Bay.

Brenda Quenneville, codirectrice du projet et directrice administrative du centre d’agressions sexuelles Amelia Rising de Nipissing, a communiqué avec elle en 2013 pour savoir si elle était intéressée à contribuer à la conception d’une étude sur la traite de personnes à des fins sexuelles dans la région.

Mme Quenneville avait entendu dire qu’il y avait de la traite de personnes à des fins sexuelles à North Bay, mais elle avait constaté qu’il y avait très peu d’informations factuelles à ce sujet et qu’il n’existait aucun protocole dans la région pour les interventions auprès des personnes qui en avaient été victimes. Son organisme a alors communiqué avec le Comité du SIDA de North Bay et de la région et avec l’Union of Ontario Indians, et les choses ont évolué à partir de là.

À l’échelle mondiale, la traite de personnes à des fins de commerce sexuel se classe au troisième rang des crimes les plus lucratifs, après les trafics illicites de stupéfiants et d’armes. Les exploiteurs peuvent utiliser différentes tactiques pour attirer leurs victimes – de l’offre de faux emplois à la fausse représentation d’eux-mêmes dans les médias sociaux – mais, dit Rosemary Nagy, il n’y a pas de « victime idéale ».

Tenir pour acquis que les victimes de la traite de personnes sont « passives et innocentes », c’est ignorer toute la complexité du problème, selon elle. C’est aussi risquer de négliger des personnes ou des situations qui ne cadrent pas avec cette perception.

Rosemary Nagy espère que ses recherches aideront les travailleurs communautaires de la région à repérer les cas de traite de personnes à des fins sexuelles et à coordonner leurs interventions ainsi que les services d’aide aux victimes.

D’une durée de trois ans, l’étude portera, outre North Bay, sur Sudbury, Sault-Sainte-Marie et Timmins, les « carrefours » plus urbains de la traite de personnes dans la région, et des collectivités rurales et isolées comme Attawapiskat et Kirkland Lake seront elles aussi examinées.

À mesure qu’elle recueillera des données auprès des survivants et des travailleurs communautaires, l’équipe sera en mesure de cerner des modèles d’activités et d’orienter ses recherches là où ces données la mèneront, en quête de solutions.

 

 

 

Page details

De :

Date de modification :