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Un réseau pour l’avenir de la planète  – Une nouvelle plateforme fait converger la recherche et les cerveaux pour trouver des solutions aux enjeux environnementaux

Date de publication : Durée estimée de lecture : 6 min

Juan Camilo Serpa travaille avec des fermiers dans le cadre d’un de ses projets de recherche mené au Costa Rica par The Data Mangrove Institute.

Juan Camilo Serpa travaille avec des fermiers dans le cadre d’un de ses projets de recherche mené au Costa Rica par The Data Mangrove Institute.

Photo: Elsa Bonilla

Les changements climatiques comptent parmi les plus graves menaces qui pèsent sur notre monde. Les solutions à ce problème étant d’autant plus complexes, elles requièrent la collaboration d’un grand nombre de disciplines et de secteurs d’activité. Il faut donc que les différentes parties soient capables de se rencontrer pour s’appuyer sur leurs travaux respectifs plutôt que d’avoir à repartir de zéro, au risque de dédoubler les efforts.

Voilà ce qui a motivé Juan Camilo Serpa, professeur agrégé à la Faculté de gestion Desautels de l’Université McGill (en anglais), à créer le Sustainability Academic Network (SUSAN) (en anglais), un répertoire exhaustif de ressources – subventions, articles, événements, jeux de données et profils de chercheuses et chercheurs – portant sur la recherche en matière de développement durable.

Des étudiantes de Juan Camilo Serpa lors de recherches de terrain portant sur l’IA et le développement durable menées au Costa Rica.

Des étudiantes de Juan Camilo Serpa lors de recherches de terrain portant sur l’IA et le développement durable menées au Costa Rica.

Photo : Miray Wahib

« Je veux que SUSAN devienne un réseau social où les universitaires peuvent se rencontrer et former des liens entre leurs projets respectifs, afin de lutter ensemble plus efficacement contre les changements climatiques », explique-t-il.

La recherche en vase clos, un frein aux avancées

Beaucoup de recherches sur le développement durable touchent différents aspects et transcendent les frontières disciplinaires. Par exemple, un projet sur la consommation de l’eau peut faire appel à la chimie, la biologie, le génie, l’urbanisme et de nombreux autres domaines. Or, chaque spécialisation a tendance à travailler en vase clos, se concentrant sur son propre questionnement, ce qui fait que personne n’a vraiment de vue d’ensemble.

« Il est difficile d’être au courant de tout ce qui se fait, même dans sa propre université. Un autre département peut très bien mener des recherches directement liées à son sujet d’étude sans jamais qu’on le sache. »

En outre, les chercheuses et chercheurs émergents qui veulent se lancer dans le domaine du développement durable se heurtent à un écueil de taille : trouver les bonnes ressources et le bon réseau de collègues. M. Serpa en a lui-même fait l’expérience en préparant une demande de financement pour un de ses projets de recherche, se voyant contraint de passer au crible des dizaines de sites Web afin de dénicher des bailleurs de fonds et des membres potentiels pour son équipe, et de constituer un corpus pour une revue de la littérature. C’est pourquoi, dans le but de répondre à ses besoins et à ceux d’autres chercheuses et chercheurs, il a créé SUSAN, une plateforme réunissant toutes les facettes de la recherche sur le développement durable.

Unir les forces pour le bien commun

Financée par une subvention Connexion du CRSH, l’élaboration de SUSAN a commencé en 2024 avec la création, au moyen d’un algorithme d’IA, d’un répertoire simple recensant les établissements universitaires du monde entier qui travaillent sur le développement durable. Ce répertoire compte quelque 2 500 établissements, répartis en plus de 40 spécialisations telles que l’économie circulaire, les études côtières, les politiques environnementales, la justice sociale et le génie biologique.

Par la suite, épaulé par des stagiaires d’été et des collègues, M. Serpa a pu développer le répertoire en y ajoutant 57 000 chercheuses et chercheurs affiliés aux établissements déjà listés, ainsi que des centaines de milliers de leurs articles publiés. Encore ici, des algorithmes d’IA ont été mis à contribution pour le classement des articles par thèmes et la génération de pages de profils individuels.

L’étape suivante? Intégrer une dimension « sociale » à la plateforme. M. Serpa a ainsi communiqué avec ces chercheuses et chercheurs, les invitant à créer un compte et à contribuer directement au site. Alors qu’il s’attendait à ce que son message, en provenance d’une plateforme inconnue, aboutisse surtout dans les pourriels, il a été ravi de recevoir des milliers de réponses positives.

Aujourd’hui, ce sont ces chercheuses et chercheurs qui alimentent en bonne partie SUSAN. Le site comprend maintenant divers filtres – jeux de données, articles, profils individuels, établissements, conférences, emplois, événements et subventions – de même que des groupes de discussion où les membres échangent et proposent des améliorations pour la plateforme. À la fin de 2024, soit seulement quatre mois après son lancement, SUSAN était devenue le plus important réseau consacré au développement durable dans le monde.

Les étudiantes et étudiants de Juan Camilo Serpa apprennent à fabriquer des ponts pour les singes dans le cadre d’un projet de recherche au Costa Rica.

Les étudiantes et étudiants de Juan Camilo Serpa apprennent à fabriquer des ponts pour les singes dans le cadre d’un projet de recherche au Costa Rica.

Photo : Keira Gagliardi

« La croissance enregistrée depuis son lancement montre à quel point la communauté avait besoin d’un outil comme celui-là », se félicite M. Serpa.

Un guichet unique de réseautage

La plateforme commence déjà à remplir son objectif de départ : rassembler les travaux réalisés et la communauté de recherche. Des membres y versent des jeux de données, qui sont ensuite exploités par d’autres. M. Serpa rapporte que des chercheuses et chercheurs ont souligné publiquement, sur d’autres plateformes, l’utilité des jeux de données trouvés sur SUSAN pour leurs travaux. De plus, grâce à SUSAN, des chercheuses et chercheurs ont pu pourvoir des postes dans leur équipe, proposer des idées à des collègues et échanger des conseils.

Autre utilité de la plateforme : des membres y versent des jeux de données d’importance cruciale (en anglais) qui sont effacés ailleurs sur le Web, assurant ainsi leur préservation et leur accessibilité.

Il n’en reste pas moins que pour M. Serpa, c’est la participation du secteur privé aux initiatives de développement durable qui produira les plus grandes retombées en matière de recherche sur les changements climatiques – d’où son espoir de voir SUSAN prendre de l’ampleur et devenir un réseau social en bonne et due forme, avec plus d’outils interactifs et une participation importante du secteur privé.

« Je souhaite que SUSAN devienne le LinkedIn du développement durable. Lorsqu’on pense réseautage professionnel, on pense à LinkedIn. Je veux que ce soit la même chose avec SUSAN, mais pour le réseautage dans le domaine du développement durable. »

La plateforme SUSAN, parce qu’elle facilite l’accès à la recherche sur les changements climatiques et renforce la collaboration entre les universitaires, est en mesure de catalyser la recherche et l’élaboration des solutions innovantes qui assureront l’avenir de la planète.


Vous voulez en savoir plus?

Pour découvrir cette plateforme, visitez le site du Sustainability Academic Network (en anglais) ou lisez cet article du McGill Reporter.

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